La monétisation des émotions-Les murs de bureaux ont ils une valeur émotionnelle ?

Les murs de bureaux ont ils une valeur émotionnelle ?

« Ce ne sont pas les murs qui font la cité, mais les hommes », Platon.

L’immobilier est créateur d’émotions ; tout individu (propriétaire, preneur à bail, occupant, riverain ou citoyen) peut alors conférer aux bureaux avec lequel il est en lien une valeur émotionnelle.

Les murs de bureaux sont des palimpsestes, empreints d’émotions de leurs parties prenantes.

La valeur émotionnelle est ainsi une valeur subjective que l’individu attribue en termes de coûts et de gains émotionnels liés à sa relation avec l’actif.

Les gains émotionnels peuvent s‘assimiler à des avantages psychologiques tels que le bien être, la réputation, la satisfaction personnelle, la réalisation de soi, la fierté, la reconnaissance, l’appartenance à un groupe déclenchés par la prouesse architecturale l’ esthétisme, le « naming », l’engagement environnemental, la qualité des relations sociales, …

Quant aux coûts émotionnels, ils émanent des sacrifices personnels, du fardeau des responsabilités, des conflits, du stress, de l’inconfort, de l’insécurité des abords, …

 

Certains attributs de l’actif peuvent d’ailleurs être ambivalents et différemment perçus. Le capital ancienneté des murs ne saurait se résumer à leur vétusté, car nous attribuons à nos bureaux des dimensions symboliques, positives ou négatives : sièges de grandes décisions ou emblématiques, poussant parfois à leur  préservation ou à leur destruction, davantage pour ce qu’ils représentent que pour ce qu’ils sont.

 

Enfin, il est à rappeler que les évaluateurs eux-mêmes affectent aussi d’une valeur émotionnelle subjective l’estimation de la valeur de l’actif de bureau qu’ils délivrent, empreinte de leurs biais cognitifs et émotionnels.

Dans la positive, comment la mesurer ?

La valeur émotionnelle est une composante de la valeur totale de l’immeuble de bureaux.

Elle est égale à la valeur actuelle de la différence entre les gains et les coûts émotionnels ; le taux d’actualisation retenu est le taux de rentabilité émotionnel espéré par l’individu.

 

A priori ces flux émotionnels correspondent à des bénéfices /pertes privés non monétaires ; pourtant, ils rejaillissent in fine sur la valeur financière de l’actif mais aussi du « corporate ».

La mesure de la valeur émotionnelle passe par la mise en exergue et la révélation des liens existants entre la performance globale et les émotions, déclenchées ou suscitées par la propriété, l’exploitation ou encore l’usage de l’immeuble.

Outre l’analyse des flux de trésorerie et les risques immobiliers, l’évaluation d’un bien immobilier et la performance « corporate » de son propriétaire ou de son preneur doit prendre en considération toutes ses caractéristiques pertinentes, y compris émotionnelles.